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Jeux Olympiques de Tokyo
Brève
Publié le : 02/04/2020

Alexandra Feracci : « Tout pour avancer »

En immersion fin février aux côtés des légendes Rika Usami et Mie Nakayama, la technicienne corse a pleinement profité de la pédagogie des deux Japonaises et du volume intensif d’entraînement pour parfaire son karaté. Une aubaine dans sa logique perpétuelle de progression.

En immersion pendant deux semaines et demie aux côtés des légendes Rika Usami et Mie Nakayama, quatre titres mondiaux à elles deux, la technicienne corse a pleinement profité de la pédagogie des deux Japonaises et du volume intensif d’entraînement pour parfaire son karaté. Une aubaine dans sa logique perpétuelle de progression.

La pratique, rien que la pratique

« Avec Ayoub (Neghliz, entraîneur national de l’équipe de France kata) et mon père Jean-Michel, nous nous sommes rendus à Tottori (à deux cents kilomètres au Nord-Ouest d’Osaka, NDLR) pour dix-huit jours sur la deuxième quinzaine de février. Au programme, un bloc de quatre heures d’entraînement non-stop par jour : un format inhabituel pour moi mais qui m’a permis de m’aguerrir, en cumulant mes séances de préparation physique à côté. »

Relâchement et fluidité

« Par la force des choses, j’ai pris le coup de ce rythme, en étant obligée d’être relâchée pour aller au bout de chaque session. Parfois, nous restions vingt minutes sur un seul mouvement de bras ou un pas, jusqu’à ce qu’il soit parfaitement assimilé. J’ai compris que ce souci du détail était vraiment la norme là-bas, et j’ai pu sentir les bienfaits de ces répétitions au niveau de mes sensations. Pour un millimètre d’écart, la puissance qui se dégage de ton kata n’est plus du tout la même. »

Rika Usami, toujours au top

« J’avais déjà eu l’occasion de m’entraîner auprès d’elle il y a quelques années, mais l’avoir rien que pour moi fut une véritable chance. Pour moi, elle reste la plus forte technicienne de tous les temps, une icône que je regarde toujours avec des yeux émerveillés. Et quand je vois son niveau aujourd’hui, presque huit ans après son titre mondial de Paris et sa retraite sportive, je me dis qu’on aurait du souci à se faire si elle reprenait du service ! »

Sous l’œil de Okamura Sensei

« Si j’ai également pu bénéficier de la pédagogie extraordinaire de Mie Nakayama (championne du monde 1982, 1984 et 1986, NDLR), les "one more " ("encore un") et les "quick" ("rapide") de Okamura Sensei risquent de me traumatiser encore un petit moment (rires). Quand il était dans son dojo pendant mes séances, il m’observait souvent et n’hésitait pas à intervenir sur des aspects très précis de mes katas. Avec toute cette expertise cumulée autour de moi, je ne pouvais que progresser. »

À retranscrire en France

« Depuis mon retour, j’essaie de reproduire au maximum ce schéma d’entraînement pour mettre en application tous les conseils reçus. J’ai eu la chance de pouvoir filmer un maximum d’entraînements, et j’ai donc tout en mémoire pour continuer d’avancer. Le report des Jeux m’offrant encore davantage de temps pour assimiler ces ajustements, je me dis que cela ne pourra être que plus bénéfique pour moi quand les compétitions reprendront. »


Allier physique et culture

Présent une semaine sur les bords de la Mer du Japon, Ayoub Neghliz a apprécié les progrès de sa protégée, conscient de la nécessité de se former auprès de telles références.
« Ce séjour s’inscrivait dans la continuité du stage d’août dernier, auprès de Sensei Tsuguo Sakumoto. Avec cet avantage de bénéficier cette fois de créneaux individualisés, adaptés au programme d’Alexandra, qui préparait alors le TQO de Paris et se concentrait donc sur ses katas favoris. Tout au long des entraînements, j’ai pu noter ce sur quoi ils attachaient le plus d’importance, pour mieux comprendre ce qu’il fallait travailler, à commencer par le relâchement dans la posture. Il y a aussi tout ce pendant culturel à la pratique du kata au Japon, avec ce côté répétitif qui est très tôt ancré en eux. À force, les athlètes basculent forcément dans l’excellence. À nous d’adapter cette approche de l’entraînement à notre façon de faire, sans pour autant oublier la dimension physique qui constitue un réel atout pour les techniciens européens. C’est un mixte des deux que l’on doit parvenir à atteindre en France, de façon la plus équilibrée possible. »

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