keyboard_arrow_up
Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger/FFK
Brève
Publié le : 13/05/2021

Stage terminal pour le kata français

Ambitions pour Alexandra Feracci, explications de la sélection de Jonathan Maruani, vision des par équipes et attentes de la part de l’arbitrage européen. Les enjeux de ces championnats d’Europe et ceux des semaines à venir en quatre points clés avec Ayoub Neghliz, entraîneur national kata, à la veille du dernier stage des techniciens français dès demain à Châtenay-Malabry.

Alexandra Feracci pour une 3e médaille de bronze continentale

« Alexandra Feracci reste sur deux médailles de bronze continentales et peut prétendre à étoffer son palmarès, tout en restant concentrée sur la qualification olympique (la Corse est 11e à la standing olympique mais avec trois Japonaises devant elle, NDLR). Cette année il y a deux échéances, avec ces championnats d’Europe puis le TQO. Aussi, l’enjeu, au-delà de la médaille, sera d’être bonne et donc en confiance pour le TQO dans quatre semaines. La hiérarchie du kata est traditionnellement fermée. L’Espagnole Sanchez Jaime est sacrée chez les féminines sans discontinuer depuis 2015 devant l’Italienne Bottaro. Alexandra est en embuscade avec la Turque Bozan (soit les quatre meilleures Européennes du Top12 mondial à la standing olympique, NDLR), et elle doit viser une finale européenne. Pour elle qui n’est pas sortie en compétition depuis février 2020 et la K1 de Dubaï, paradoxalement, la situation sanitaire lui a fait du bien. Elle lui a donné du temps pour combler son retard par rapport aux étrangères, notamment dans le travail d’explosivité. Je pense qu’elle a franchi un cap. En tout cas, elle a tout mis en œuvre. »

La carte Jonathan Maruani

« Si Enzo Montarello est encore n°1 à la standing olympique (18e, NDLR), nous avons été clairs avec lui et les autres : il fallait s’éprouver lors des test-matches. C’est Jonathan Maruani qui a marqué des points sur ces deux rendez-vous. Il m’a appelé il y a plusieurs mois pour me dire qu’il allait, compte tenu du report des JO, tout tenter pour l’aventure olympique. À 34 ans, il est sérieux et rigoureux, il a fourni un énorme travail avec beaucoup de discipline dans son approche. Le bilan, c’est qu’il est dans une forme supérieure à Enzo Montarello et Franck Ngoan. Il fallait les battre, il l’a fait. Évidemment, on ne l’a pas vu sur les Karate 1. Mais il vient sans doute, avec un gros mental, il sait ce qu’il veut, s’est organisé avec Serge Chouraqui et moi pour tout planifier. Cela ne veut pas dire qu’on ne reverra plus Enzo Montarello qui travaille comme kiné depuis un an, mais c’est le choix de la forme du moment. Dans la balance, il y a aussi le changement de règlement à la note qui ne le favorise pas tellement. C’est quelqu’un de bien et il a encore envie d’apporter. Nous échangeons sereinement et nous pensons déjà la suite, ensemble. »

Arbitrage : des attentes nouvelles

« Le kata a beaucoup évolué. Avec le système de notation d’abord, sur les attentes techniques aussi. L’arbitrage recherche un karaté simple, plus épuré, sans mouvements parasites. Plus de tapes sur les kimonos, plus de respirations… Il faut tenir compte de tout cela. L’opportunité pour Jonathan dans ce contexte est réelle, comme l’a démontré le Karaté 1 de Lisbonne où, c’est significatif, l’espoir Turc Enes Ozdemir et le Suisse Yuki Ujihara se sont hissés en finale, bousculant ainsi la hiérarchie. Il faut l’analyser, selon moi, comme une véritable opportunité nouvelle puisque le Turc Sofuoglu et le Japonais Moto se sont retrouvés troisièmes, l’Italien Busato septième… On retrouvera toujours les bons dans le carré final, mais je le dis, il y a désormais des ouvertures. Les informations qui nous parviennent de la part des arbitres français qui font ce travail d’échanger avec les étrangers le confirment : un travail différent est attendu.»

Relance des par équipes

« Après deux années d’absence, nous engageons à nouveau des équipes, chez les femmes (Laetitia Feracci, Louise Frieh et Laura Pieri) et chez les hommes (Romain Poisson, Arthur Noël et Sorey Morassi). Des collectifs que nous souhaitons voir prendre de l’expérience et des repères. Nous entamons par là un retour à ce qui a fait la renommée du kata français, à nos bases en quelque sorte, avec un projet redessiné autour de techniciens et techniciennes jeunes, qui pourra évoluer dans les mois à venir. Notre objectif est de préparer les championnats du monde de novembre prochain à Dubaï. Plus globalement, il s’agit d’une approche renouvelée pour le kata français, auquel, pour ce qui est des par équipes en tout cas, l’olympisme n’a pas forcément fait du bien, puisqu’il a fallu se concentrer sur d’autres priorités. Le temps est venu de se projeter plus loin, pour notre discipline et l’éclat du kata français. »

EN LIVE

Les éliminatoires seront diffusés en live sur la chaîne youtube de la WKF.