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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 09/11/2018

Equipe féminine combat : et de cinq ! (finales de suite)

Rajeunie, l'équipe féminine française se montre à la hauteur de ses devancières en se hissant en finale ! Une série ininterrompue depuis 2010. Et un titre à conserver dimanche, contre les Japonaises.

1er tour : Les Françaises écartent les Suisses
Il fallait craindre cette très forte équipe suisse, championne d’Europe en titre, et emmenée par la championne d’Europe 2016 et 2018 en -68kg, Elena Quirici. C’est justement elle qui lançait la compétition pour son groupe. Pas de quoi intimider Leïla Heurtault, pilier de l’équipe championne du monde en 2016. L’équipe championne d’Europe contre l’équipe championne du monde… la hiérarchie allait être respectée. Leïla Heurtault marquait un premier point rapide et balayait impeccablement la championne d’Europe pour trois points supplémentaires. Ultra dominante, elle ajoutait encore un point final. Le bateau suisse était déjà touché sous la ligne de flottaison. Mais il fallait finir ce qui avait été si bien commencé. C’est la jeune Laura Sivert, titulaire l’année dernière au championnat d’Europe espoirs, qui en avait la responsabilité. Elle devait s’aligner devant la grande Noémie Kornfeld, sans doute le « maillon faible » de la team suisse, mais une -61kg de taille et d’expérience. Et la Française dominait le combat sans trembler, mobile pour échapper à la pression, et superbement efficace sur ura-mawashi dans la dernière minute, gérant ensuite sans difficulté la Suissesse avec ses jambes.

Denis Boulanger - FFK

2e tour : Et croquent les Croates !
Les grandes combattantes croates étaient redoutables elles aussi : médaillées européennes en 2014, championnes d’Europe en 2015, finalistes en 2016, encore médaillées en 2018. Une constance qui en dit long. Mais la France avait une arme de destruction massive en première ligne avec Leïla Heurtault. Les Croates alignaient une jeune espoir première année, vice championne d’Europe juniors l’année dernière, Marina Barac. Elle eut le mérite de marquer trois points à la terrible Française, qui lui en plantait huit en retour, dont le dernier à une seconde de la fin. Insatiable. Une nouvelle fois, elle venait de torpiller d’entrée les espoirs adverses. Une nouvelle fois, Laura Sivert avait la responsabilité d’en finir dans la foulée. Mais c’était Ana Lenard, une ancienne championne d’Europe, troisième encore en 2016 et pilier fort de ce groupe multi-médaillé, qui arrivait derrière avec une stratégie claire : gagner pour offrir à sa camarade d’équipe le soin d’en finir. Le problème qui se posait à elle, c’est que forte de la réussite de Leila Heurtault, Laura Sivert pouvait attendre et faire parler ses jambes de feu. Une tactique redoutable, et la Croate allait s’y faire prendre. Ura-mawashi de classe dans la dernière minute, le tour était plié.

Denis Boulanger - FFK

Quart de finale : Avazeri entre en jeu
Les Dominicaines avaient battu la Colombie, la Norvège et la République Tchèque pour en arriver là et possédaient en la personne d’Ana Villanueva Fabian une ancienne médaillée mondiale (2012). Un piège potentiel… que Leïla Heurtault se chargeait de faire exploser en dynamitant l’espoir Tanya Rodriguez par un 7-0 intimidant, inauguré par un balayage dès les premières secondes. À vingt secondes de la fin, elle plantait un beau mawashi, deux arbitres levaient leur drapeau, mais elle enchaînait dans la foulée sur un balayage, validé par un troisième arbitre ! Cuisant. La tactique était bien en place et Laura Sivert pouvait faire parler les jambes. Mais, cette fois, son adversaire Karina Diaz, finaliste récente du Série A d’Espagne, mettait le grain de sable dans la machine en contrant deux fois. Laura Sivert prouvait qu’elle ne manquait pas de sang-froid en s’appliquant pour finir par mettre un beau coup de pied au corps. Elle était revenue à égalité, et c’était très positif mais, pour la première fois, Léa Avazeri se voyait confier la responsabilité de concrétiser la victoire. Il lui suffisait de ne pas perdre par un plus gros écart que le 7-0 d’Heurtault. Oui, mais face à elle, la leader de l’équipe, Ana Villanueva Fabian, aussi championne pan-américaine en 2015 et 2017, troisième au Premier League de Leipzig en 2017. Encore une fois, la stratégie d’attente, bien adossée au score de départ, était payante. Léa Avazeri pouvait voir venir, et elle le faisait avec beaucoup d’acuité en contrant trois fois Villanueva, obligée de se découvrir dans la dernière minute.

Demi-finale : Cautériser France – Egypte 2014
Forcément décisive cette rencontre, forcément difficile, et tout particulièrement parce que cette fois, ce n’était pas l’Espagne, comme en 2016, mais les terribles Égyptiennes, championne du monde 2014 devant les Françaises, qui avaient alors été bien secouées. C’était le temps de la revanche, le temps de dissiper ce traumatisme, mais cette équipe globalement jeune était-elle de taille pour un tel enjeu ?

Leïla Heurtault y allait de toute son énergie, bien décidée à arracher encore une victoire large. Mais, en face, c'était  Giana Lotfy, championne du monde 2014 et 2016 se dressait pour l’Égypte. Une combattante qui n'avait pas perdu son allonge pour toucher de loin. Elle parvenait d'ailleurs à le faire la première. Toujours tournée vers la victoire, la Française revenait avec un coup de pied au corps puissant, mais l’Égyptienne recollait sur vidéo. Match nul, il était tentant d’en rester là… À huit secondes de la fin, fidèle à son rôle de dynamiteuse, Leïla Heurtault allait arracher une victoire très précieuse d’une belle frappe au visage !

C’était d’autant plus précieux pour la France que Feryal Abdelaziz avait gagné cette année l'or à Salzburg, et le bronze à Istanbul et au championnat continental et se dressait pour l’Égypte face à Laura Sivert. Cette fois, c’était cette dernière qui devait courir sans succès après l’adversaire, laquelle avait touché très tôt en ura-mawashi. Une victoire partout, mais deux points d’avance pour l’Égypte avant l’entrée de la troisième combattante française, Léa Avazeri. Le match nul n’était pas une option. C’en était une pour l’ancienne championne du monde espoirs Shymaa Aboualyazed, récente médaille d’or au Série A de Salzburg en +68kg et championne du monde 2014… mais Léa Avazeri sortait du piège avant qu’il ne se resserre en touchant d’une frappe lumineuse en début de combat. Elle menait, et son adversaire venait se planter deux fois sur ses contres, avant de subir un dernier coup de pied au corps pour le compte. La plaie de 2014 était cautérisée et le jeune trio s’offrait sa finale, la cinquième de suite pour la France en combat par équipes féminines.

Denis Boulanger - FFK

Ce sera contre un trio japonais de choc, au regard des physiques alignés. De très solides Japonaises qui n’ont pas chômé non plus, battant d’entrée les Turques, avant de sortir les Tunisiennes, les Iraniennes, les Kosovares et les vice championnes du monde espagnoles en demi-finale. Un défi d’envergure attend les Françaises dimanche.


Galerie Photo - Equipe Féminine Combat
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