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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 10/11/2018

La France dépasse tout ! (ou presque)

Avec deux médailles d'or magnifiques en point d'orgue de la journée, la France réussit une remontée spectaculaire tout en haut du classement des nations… ou presque, puisque le Japon reste intouchable à la première place, suivie désormais par la France. Les faits saillants d'une journée mémorable.

Ce ne fut pas le sans faute mais, en emportant deux de ses cinq finales aujourd’hui, le Japon se hisse ce samedi à la première place du classement, en attendant les deux qui lui restent encore à vivre, en kata par équipes masculines et féminines. En fin d’après-midi, c’était encore une très belle équipe d’Iran qui dominait les débats devant l’Allemagne avec deux finales pour un titre et trois médailles de bronze. Le Japon était encore caché derrière tous les pays « en or » dans ces premières heures de la journée, aucun à plus d’un titre. Le pays leader au nombre de finales avait raté l’une de ses médailles de bronze (mais réussit l'une d'entre elles avec un formidable numéro de Ken Nishimura en -75kg, vainqueur par 11-1 !) et surtout échoué, un peu à la surprise générale, à prendre le titre des +68kg féminines, la championne du monde 2016 Ayumi Uekusa ne parvenant pas à battre la Grecque Eleni Chatziliadou. La Japonaise avait pourtant emporté sept tournois majeurs et un championnat d’Asie depuis son dernier titre mondial et on n’avait à peine vu Chatziliadou depuis… sa finale mondiale perdue en 2016 contre la Japonaise. Une belle revanche pour une Grecque dansant sa joie tout au long de son chemin de retour vers le vestiaire, et une preuve aveuglante de la difficulté à gérer tous les objectifs dans le contexte actuel, sous influence des Jeux olympiques à venir.

Le retourné de Jonathan Horne

Dans les premières heures de la journée, c’est l’Iran donc, qui brillait en concrétisant l’une de ses deux finales masculines par Bahman Asgari-Ghoncheh en -75kg, lequel battait d’un petit point l’Italien Busa en finale. Champion du monde en 2012 devant l’Azerbaïdjanais Rafael Aghayev, Busa perdait aujourd’hui sa troisième finale mondiale. On pouvait noter aussi que, à part en 2014 où Aghayev n’était pas là, l’Italien et l’Azerbaïdjanais sont sur ce podium mondial depuis 2010. Il n’est pas encore dit que c’était aujourd’hui la dernière fois. On avait pu admirer aussi une belle Allemagne, qui concrétisait aussi l’une de ses deux finales par un Jonathan Horne en pleine forme, foudroyant en +84kg son adversaire iranien sur un ura-mawashi avec une rotation préalable, lui qu’on connaît surtout pour ses redoutables kizami-tsuki. Un coup de pied monumental. Le Maroc, deux fois médaillés de bronze (une première après la médaille d’argent d’Omar Abdel-Rahman en 2016) se faisait remarquer. C’était cette fois surtout le -60kg Abdessalam Ameknassi qui se mettait en valeur avec un impressionnant 10-0. On avait aussi une pensée pour l’Ukrainien Valerii Chobotar, logiquement empêché de se présenter en finale à cause du KO subi contre Marvin Garin en équipes la veille.

Kiyuna, c'est plus fort que toi

Mais entre 18h et 18h40, le Japon ajoutait coup sur coup quatre médailles.
Les deux premières en or et en argent par les deux représentants individuels du kata, le magnifique Ryo Kiyuna, triple champion du monde désormais, et la non moins admirable Kiyou Shimizu, qui reste double championne du monde « seulement », battue cette fois par l’exceptionnelle Espagnole Sandra Sanchez Jaime. Pour la première fois de la saison, alors que cette dernière proposait Papuren en finale des tournois, elle avait su préserver son Chatyanara Kushanku pour le duel décisif et donnait à voir une comparaison kata contre kata aux arbitres. Une tactique très habile car, si la prestation de la Japonaise était éblouissante de vivacité et de présence, le saut final de l’Espagnole était peut-être légèrement plus haut, ce qui permettait à trois des arbitres sur cinq de lui donner la préférence. Bonne joueuse, Kiyou Shimizu levait la main de sa rivale en pensant sans doute au fond d’elle : « Rendez-vous à Tokyo ». En attendant ce grand défi, Sandra Sanchez Jaime réussit un parcours formidable sur ces dernières années. Elle est désormais quadruple championne d’Europe en suivant et championne du monde. Chapeau. Ryo Kiyuna allait-il connaître le même sort ? Malgré l’atout du public, Hugo Damian Quintero Capdevila, lui aussi quadruple champion d’Europe en suivant, n’a pas pu entraver le formidable leadership du Japonais. Il faut dire que le Anan Dai produit par le double champion du monde était intimidant, même tout en haut des tribunes, d’où on se sentait vibrer à chacune de ses prises d’appui. Une prestation énorme de puissance et de présence. Incontournable, même pour l’Espagnol chez lui. Le Japonais prenait tous les drapeaux.
Une chose est claire : pour ce qui concerne les deux meilleurs techniciens chez les filles comme chez les garçons, la hiérarchie est parfaitement établie. C’est le Japon contre l’Espagne et vice-versa. Il sera bien difficile de s’immiscer dans ces deux duels d’ici aux Jeux olympiques.
Les deux suivantes médailles suivantes du Japon, en argent et en or encore, venaient par les deux supers-légers. Avec deux médailles d’or et trois médailles d’argent à ce moment-là, le Japon était désormais intouchable.

La France attendait son or

Mais la France attendait elle aussi son heure… ou son or. La sienne se situait entre 18h40 et 19h15 exactement. Après avoir dû laisser partir deux médailles de bronze, tout reposait sur les épaules du lévrier Steven Da Costa en -67kg, et d’un trio féminin en combat affûté pour le sprint final. Les calculs étaient vite faits. Dans un championnat particulièrement éclaté dans la répartition des médailles, hormis le Japon, aucun pays n’était parvenu à convertir deux finales en or. La France était en position de le faire et de revenir même à la hauteur du Japon pour le nombre de médailles d'or. Après deux pics émotionnels que seuls procurent les grands moments de sport, Steven Da Costa d’abord, puis le trio féminin français qui empêchait le Japon de prendre une troisième médaille d’or, réussissaient l’immense performance espérée. Ce samedi soir, malgré les prises de risque en équipe, la transition du kata, les frustrations diverses, et les médailles de bronze perdues, la France est deuxième nation, et au même niveau que le Japon pour le nombre de titres !


LES RESULTATS DE SAMEDI
 

KATA
Kata individuel féminin

Finale  : Sandra Sanchez Jaime - Kiyou Shimizu 4-1
Places de troisièmes :
Mo-Sheung-Grace Lau (HKG) - Maria Dimitrova (DOM) 4-1
Alexandra Feracci (FRA) - Viviana Bottaro (ITA)

Kata individuel Masculin
Finale : Ryo Kiyuna (JPN) - Damian Quintero (ESP) 5-0
Places de troisièmes :
Antonio Diaz (Ven) - Ali Sofuoglu (Tur) 5-0
Mattia Busato (ITA) - Ilja Smorguner (GER) 4-1

 

COMBAT INDIVDUEL (*L’astérisque indique la victoire par senshu, le premier point marqué dominant)

Féminines
-50kg

Finale : Miho Miyahara (JPN) - Serap Ozcelik (TUR) 3-1
Places de troisièmes :
Bettina Plank (AUT) - Jelena Pehar (CRO) 3-0
Sara Bahmanyar (IRI) - Tatiana Rybalchenko (RUS) 5-0

-55 kg
Finale : Dorota Banaszczyk (POL) - Jana Bitsch (GER) 2-0
Places de troisièmes :
Tzu-Yun Wen (TPE) - Valerria Alekhina (RUS) 4*-4
Ivet Goranova (BUL) - Sara Yamada (JPN) 1-1 (3-2)

-61 kg
Finale : Jovana Prekovic (SRB) - Xiaoyan Yin (CHN) 8-5
Places de troisièmes :
Btissam Sadini (MAR) - Laura Pasqua (ITA) 1-0
Giana Lotfy (EGY) - Merve Coban (TUR) 0-0 (5-0)

-68 kg
Finale : Irina Zaretska (AZE) - Victoria Isaeva (RUS) 1*-1
Places de troisièmes :
Lamya Matoub (ALG) - Maryia Aliakseyeva (BLR) 2-1
Miroslava Kopunova (SVK) - Halyna Melnyk (UKR) 0-0 (5-0)

+68 kg
Eleni Chatziliadou (GRE) - Ayumi Uekusa (JPN) 2-0
Places de troisièmes :
Shymaa Abouel-Yazed (EGY) - Ramona Bruederlin (SUI) 7-3
Hana Antunovic (SWE) Vs Anne-Laure Florentin (FRA) 2-0

Masculins

-60 kg
Finale : Angelo Crescenzo (ITA) - Naoto Sago (JPN) 5-2
Places de troisièmes :
Darkhan Assadilov (KAZ) - Kalvis Kalnins (LAT) 5-4
Abdessalam Ameknassi (MAR) - Jovanni Martinez (VEN) 10-0

-67kg
Finale : Steven Da Costa (FRA) - Vinicius Figuiera (BRA) 6-5
Places de troisièmes :
Camilo Velozo (CHI) - Abdel Rahman Almasatfa (JOR) 2*-2
Hamoon Derafshipour (IRI) - Raul Cuerva-Mora (ESP) - 6-3

-75kg
Finale : Bahman Asgari-Ghoncheh (IRI) - Luigi Busa (ITA) 1-0
Places de troisièmes :
Ken Nishimura (JPN) - Belsan Mizov (RUS) 11-1
Dastonbek Otabolaev (UZB) - Rafael Aghayev (AZE) 2-1

-84kg
Finale : Ivan Kvesic (CRO) - Valerii Chobotar (UKR) - forfait De L’ukranien
Places de troisièmes :
Zabiollah Poorshab (IRI) - Daniyar Yuldashev (KAZ) 3-0
Ugur Aktas (TUR) - Anton Isakau (BLR) 0-3

+84kg
Finale : Jonathan Horne (GER) - Sajad Ganjzadeh (IRI) 5-2
Places de troisièmes :
Babacar Seck-Sakho (ESP)  - Filipe Reis (POR) 7-1
Yamanoglu Alparslan (TUR) - Alexander Pshenitsyn (RUS) 2-1

Combat par équipes
Finale : France - Japon 2-0
Places de troisièmes :
Espagne – Iran 1-0
Egypte – Suisse 2-0

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