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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 14/11/2018

"Se souvenir de la force du collectif"

Yann Baillon, le directeur des équipes de France tire le bilan de ces championnats du Monde de Karaté à Madrid.

« On doit forcément parler d’un bilan très mitigé, mais aussi très contrasté. C’est aussi une compétition qui nous a beaucoup appris sur la nouvelle donne actuelle. Les éléments positifs sont très satisfaisants avec, bien sûr, un espoir olympique qui confirme, qui construit son palmarès, ce qui est qui essentiel, et qui prend un gros avantage en termes de points pour la qualification olympique. Steven Da Costa est en marche pour marquer sa génération et le karaté mondial, ce qu’il souhaite en champion qu’il est, et il est aussi très bien parti vers l’enjeu des Jeux de 2020, ce qui est primordial pour nous.

L’autre grande satisfaction est à mettre au compte de la réussite majeure de notre collectif féminin, une équipe jeune, qui n’avait encore que peu de références en seniors, et qui sort la Suisse championne d’Europe au premier tour, les Égyptiennes qui nous avait fait très mal en finale en 2014, et encore les Japonaises en finale. C’est important de bien des façons, parce que c’est la continuité de notre histoire nationale, de la série de finales et de grandes victoires de nos féminines. C’est aussi une bonne façon de redorer le blason, de rappeler à nos adversaires que le France est bien là. Certaines de ces combattantes seront peut-être aussi titulaires demain aux Jeux, en 2020 ou en 2024.

Ajoutons aux satisfactions les parcours encourageants de nos représentants en kata individuel, Enzo Montarello (7è) Alexandra Ferraci, qui se bat pour le bronze à Madrid et qui montre aussi des progrès spectaculaires. C’est une première phase intéressante avant l’entrée dans la bagarre pour la qualification aux Jeux, puis pour une médaille.

Pour le bilan négatif, tout le reste. L’équipe masculine n’a pas eu beaucoup de chance, avec la disqualification de Marvin Garin, mais l’absence de résultats individuels n’est pas normale, au sens qu’il ne reflète pas du tout le niveau du groupe, comme les résultats en tournois « Premier League » l’ont montré. C’est particulièrement le cas pour Gwendoline Philippe, Alizée Agier, ou pour Medhi Fliali, qui sont en tête des classements pour les résultats en tournois sur cette année 2018.

Ce qui est frappant c’est, d’une façon générale, la dimension atypique de ces championnats du monde de Madrid. Des combattants favoris parce qu’on les avaient beaucoup vu en tournois qui chutent au profit d’autres, qui ont plus géré leurs sorties, voire qu’on avait très peu vu. C’est la démonstration qu’il est complexe de préparer un événement extraordinaire comme un championnat du monde et de vouloir être performant partout pour préparer la qualification olympique comme c’est notre cas. Beaucoup de ceux qui ont été bons à Madrid ont fait un choix, c’est d’ailleurs probablement intuitivement celui qu’a fait aussi Steven Da Costa, qui n’était pas au top dans les tournois et qui est monté en puissance pour parvenir à son meilleur à Madrid, comme nous le faisions auparavant. Au regard de l’avantage acquis en points pour la ranking olympique, sans compter le palmarès qui restera, on peut penser que c’était une erreur dont nous sommes tous un peu collectivement responsables, de s’être laissé happer par l’unique événement des Jeux olympiques. C’est aussi une information très précieuse, une leçon pas mauvaise à prendre en ce début de période de qualification, et qui nous servira pour aborder notamment le Tournoi de Qualification Olympique qui sera décisif à Paris, en mai 2020.

Plus largement, alors que nous avons beaucoup insisté sur la dimension individuelle du parcours d’ici à 2020 et que les athlètes se sont aussi immergés dans cette perspective, la réaction finale de la France deux fois médaillée en or dans les derniers duels et la réussite du collectif féminin, qui avait su préparer cet événement en choisissant de vivre ensemble une semaine vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nous ont rappelé la force du collectif. Il faut nous en souvenir, car si nous avançons en forces dispersées, nous ne réussirons pas. Nous voici à nouveau dans un schéma où la régularité des résultats va compter. Madrid est derrière nous, et beaucoup reste à faire pour la qualification. Il reste de très nombreux tournois, rien n’est joué. »

 

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