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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 03/09/2019

Un esprit sain dans un corps sain

Moins de 330 jours nous séparent des Jeux Olympiques dont les épreuves de karaté se dérouleront du 6 au 8 août prochains. Fraîchement diplômé en kinésithérapie, nous avons rencontré le titulaire français en kata individuel : Enzo Montarello, 11ème du classement olympique. En équipe nationale depuis 2011, le sudiste a trouvé sa voie après l’obtention de son baccalauréat. Récit.

Enzo, pourquoi avoir choisi cette voie ?

« C’est vrai que quand on est athlète de haut niveau, on a toujours envie d’aider les sportifs qui se blessent. J’ai toujours voulu faire kiné et j’ai toujours apprécié le contact avec les gens. Ça peut paraître étonnant mais c’est en me blessant au genou pendant des vacances au ski que j’ai eu le déclic. Après cet accident, j’ai eu pas mal de rééducation et ça a été pour moi une révélation qui s’est accrue avec mes sélections Équipe de France. »

Comment s’est mis en place ce double projet ?

« Mon parcours est un peu différent de celui prévu au départ. Après le bac, je savais que la médecine allait être compliqué pour moi. Du coup, j’ai fait une licence STAPS pour ensuite intégrer l’IFMK, l’Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie de Marseille, par le biais du haut niveau et du ministère. »

C’est une question récurrente mais... comment marie-t-on études et sport de haut niveau ?

« Nous avons des emplois du temps aménagés. Les absences pour compétition ou stage ne sont pas comptabilisées. Il m’est arrivé de louper des examens et d’avoir des sessions à part, tout seul dans une salle avec un nouveau sujet. J’ai fait le choix de valider cette dernière année en deux ans. J’ai fait la moitié d’une année en un an et l’autre moitié l’année d’après. »

Qui t’a aidé dans cette démarche ?

« Ma famille ! Ils m’ont toujours soutenu. Aussi, la Fédération était en contact régulier avec l’IFMK, surtout après l’annonce de l’olympisme. Quand j’avais trop d’absences, la Fédération fournissait les justificatifs. En juin dernier, j’ai pu passer ma soutenance après Shanghai comme j’étais à la Premier League. J’ai été convoqué une semaine après notre retour de Chine, ça m’a permis de le passer de manière sereine sans subir le décalage horaire. »

Sur quoi portait ton mémoire ?

« Sur la stabilisation du tronc et du bassin en prévention des blessures. J’ai obtenu 16, assez content du travail fourni ! (rires) »

Est-ce qu’une blessure t’a déjà écarté des tatamis ?

« Oui bien sûr ! En 2015, au début du mois d’août, je me suis luxé l’épaule. Aucun karaté jusque novembre puis rééducation à fond. J’ai eu le bras collé au corps pendant un mois... une période assez compliquée pour moi. Un des médecins m’a dit qu’il fallait m’opérer et que la période de convalescence serait très longue. On avait déjà commencé à faire l’équipe avec Ahmed et Lucas et je ne voulais pas les laisser tomber. C’était mon rêve de participer à un championnat de grande envergure en France, surtout après Bercy. En réalité, j’étais un peu déboussolé. Le médecin de la Fédération m’a donné le nom d’un de ses confrères, c’est lui qui m’a redonné espoir. Il m’a dit qu’avec une bonne rééducation le problème allait se résoudre. Il a eu raison puisqu’on fait champions d’Europe quelques mois après. »

Comment t’entraînais-tu avec l’équipe ?

« J’allais au Pôle. Je travaillais mes positions, mes déplacements. Toujours avec le bras collé au corps. J’avais fait d’énormes progrès dans le bas du corps. Malgré tout... c’était peut-être un mal pour un bien. »

Denis Boulanger - FFK

Comment prépares-tu la nouvelle saison ?

« Je n’ai pas fait de grosse coupure cet été. J’ai pris deux semaines après les Jeux Européens qui m’ont fait du bien et à mon retour, j’ai enchaîné les stages France. Le fait de ne pas arrêter trop longtemps m’a permis de conserver mes repères etc... Avec mon père, on a continué la prépa physique et aujourd’hui j’ai eu un perso (entraînement personalisé, ndlr) avec Stéphane Mari par exemple. Ça me permet de ne pas me mettre de pression avant Tokyo. »

Denis Boulanger - FFK

À un an des Jeux, quel est ton sentiment vis-à-vis de cette saison un peu spéciale ?

« Chaque compétition va être décisive. Chaque point va compter. Les compétitions vont s’enchaîner : K1, Series A, avant éventuellement Europe Seniors et TQO ! Il va falloir gérer les périodes de creux, s’entraîner sans se blesser. J’imagine qu’Ayoub va nous donner des consignes par rapport à ça. Maintenant, j’ai la pression scolaire en moins. Car, quand il faut gérer les cours, les révisions, les allers-retours au Pôle, c’est parfois un peu complexe. »

Ton point de vue sur les dernières compétitions internationales que tu as effectuées ?

« Je perds d’entrée à Shanghai. On était moins nombreux que d’habitude, 48 je crois. Il n’y avait que 4 poules de 12 ou 13 athlètes et ils ne prenaient que les quatre premiers. Il y avait 3 « Jap » et le Turc Sofuoglu, c’était chaud ! J’ai exécuté un kata sur lequel je ne me sentais pas à l’aise, ça m’a remis en confiance. À contrario, les Jeux européens sont pour moi une compétition de référence. Un peu frustré de ne pas repartir avec la médaille mais j’avais le bon état d’esprit. Dans un format classique de compétition, les combats pour les médailles sont généralement deux jours après les tours éliminatoires mais là c’était dans les deux ou trois heures qui suivaient. J’ai mal géré. La manière avec laquelle j’ai abordé cette compétition doit rester la même sur les prochains grands rendez-vous. »

Dans quel sens poursuis-tu ton travail ?

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« Je continue à bosser la prépa physique pour être mieux d’un point de vue athlétique. Les détails. Tout se jouera sur les détails oui. Je pense qu’Ayoub me fera un débrief après Tokyo, c’est toujours comme ça qu’on fonctionne. Il faut que ces détails deviennent automatiques. »

Auteur : Molly Loumikou

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