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Jeux Olympiques de Tokyo
KPhotos - FFK
Brève
Publié le : 25/09/2019

Dernière ligne droite !

Yann Baillon, Directeur des Équipes de France, et Ayoub Neghliz, entraîneur national kata, dressent le bilan après la Premier League de Tokyo 2019.

Comment s’est déroulée la saison estivale pour les techniciens ?

Ayoub Neghliz : « Alexandra Feracci a fait un stage au Japon pendant 3 semaines avec Sakumoto et d’autres experts japonais pour améliorer et perfectionner sa technique. Elle y a appris de nouveaux katas et corrigé certains aspects de son travail. Enzo Montarello a, quant à lui, poursuivi sa préparation physique et s’est entraîné plusieurs fois avec Stéphane Mari (entraîneur national, ndlr). »

Un mot sur Tokyo ?

Yann Baillon : « Tokyo était la première compétition de la saison même si elle n’est que la suite de la saison dernière. On repart un peu déçus, avec des résultats moyens malgré une grosse prépa estivale cet été. On a trois finales, toutes perdues, et une belle médaille de bronze. »

A.N. : « Alexandra perd au second tour mais elle se positionne devant la turque Eltemur, 8ème de la stanking olympique, qui passe complètement à la trappe. Enzo  perd d’entrée. Il a exécuté un kata qui n’a pas forcément plu, avec deux pertes d’équilibre en plus. On sait que la qualification via le ranking s’annonce complexe donc on prépare les athlètes pour le TQO. »

Comment rebondir après ça ?

Y.B. : « On a remarqué que les athlètes avaient du mal à gérer le stress dû à l’avancée du ranking et l’enchaînement des compétitions.

En effet, nous sentons que les athlètes ont de plus en plus de pression et de tension à l’approche des compétitions, Tokyo nous a montré que les athlètes avaient du mal à se libérer mentalement, à se lâcher techniquement et à prendre du plaisir. Ce sont ces 3 notions que nous devons gérer et faire évoluer pour Moscou et la suite du parcours.

On a su tirer des conclusions, le staff s’est remis en question. On va davantage travailler le renforcement de l’aspect psychologique des athlètes : être plus relâchés, relativiser face à la pression, face aux déceptions. Il ne faut pas oublier l’après JO : des carrières avec un palmarès à construire, prendre de l’expérience pour les plus jeunes, gagner en confiance, gagner le plus souvent possible pour s’inscrire dans un processus de réussite. »

Et au niveau du collectif ?

Y.B. : « Les entraînements s’intensifient, les regroupements deviennent plus fréquents. Le suivi individualisé est ciblé et renforcé. Comme la saison est longue, on procède par étape et chaque compétition en est une. Afin de ne pas se disperser, nous faisons des choix individuels et nous fixons des objectifs spécifiques par compétition, ce qui nous permet de remédier après chaque K1.

Certains athlètes manquent de distance ou de prise d’initiative et c’est ce travail qui fluctue en fonction de chaque athlète à un instant T. D’un point de vue physique, le travail individuel va dépendre des besoins à court terme de chacun pour pouvoir le faire évoluer sur l’ensemble de la saison. L’analyse vidéo a été rajoutée pendant les entraînements histoire de définir et appliquer de suite les changements nécessaires. »

A.N. : « On arrive à voir les athlètes plus régulièrement : chaque semaine, quand il n’y a pas de sortie internationale, moi-même, Myriam, Lucas ou Stéphane assurons des entraînements. Toute cette équipe est mobilisée, c’est pour ça qu’on reste confiants. On a beaucoup travaillé cet été, on a ciblé les priorités et ça commence à porter ses fruits. Aussi, on fait en sorte que les athlètes ne se fatiguent pas malgré les nombreux déplacements. Et comme le travail physique monte en puissance, on sait que reste va suivre. »

Moscou, nouvelle K1…

Y.B. : « Abordée avec le même état d’esprit que les précédentes. Faire évoluer les athlètes dans le ranking, faire rebondir ceux pour qui ça n’a pas marché à Tokyo comme Steven Da Costa. Il est bien placé mais n’a pas gagné de points sur la dernière K1, il faut que l’on trouve les moyens de pérenniser sa première place au ranking -67 kg. Pour lui, le travail sera davantage psychologique que technique pour conserver le même niveau de détermination et d’attention tout au long de l’année. C’est ça qui est difficile : entretenir ceux qui maintiennent une certaine régularité dans les résultats comme Alizée Agier ou Mehdi Filali. Pour les autres, c’est le sursaut d’orgueil qui doit leur permettre de renaître et de remonter sur les podiums. »

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Est-ce que les athlètes participent également aux séries A ?

Y.B. : « On privilégie les K1 et le long terme, plutôt que la course aux points et la vision à court terme. Une seule athlète du Pôle fera Santiago ce week-end. Cette série A est très mal placée car elle se trouve entre Tokyo et Moscou. Le temps de vol et le décalage horaire fatiguent les organismes donc pour bien préparer Moscou, on doit faire l’impasse sur Santiago. »

A.N. : « On a décidé d’étendre la liste de qualifiés potentiels et d’intégrer les Séries A au parcours de sélection pour ceux qui ne peuvent pas faire les K1. Jonathan Maruani est revenu très fort sur les derniers championnats de France, Franck Ngoan fait vice-Champion d‘Europe espoirs, Minh Dack fait une bonne compétition à Tokyo donc on a décidé de les mettre en concurrence sur les Séries A et voir qui va se détacher d’ici janvier. Alexandra fera aussi les séries A même si elle est la numéro 1 française. On attend d’elle qu’elle passe un cap. »

Comment va s’axer le travail sur les prochaines semaines ?

A.N. : « On a établi une feuille de route avec Yann, lister les points forts et les points faibles de chacun. Comme pour les combattants, augmenter le travail de préparation physique sans oublier d’entretenir le travail technique. On travaille avec Julien Piscione, un ancien technicien qui bosse pour la Fédé de rugby et qui est responsable de la performance. Il est en contact permanent avec les préparateurs physiques de chaque athlète pour avoir une certaine concordance. Pour le côté technique, le relâchement était l’une des thématiques abordées pendant le stage à Okinawa. Il y a eu tout un travail d’expression corporelle et un travail d’expression de la personnalité. Un athlète plait ou ne plaît pas aux arbitres, si ce n’est pas le cas c’est qu’il faut changer quelque chose. Les garçons, comme Alexandra, doivent augmenter leur présence sur le tapis. Mais tout ce travail vient avec les résultats. Tout le monde est en train de prouver des choses, petit à petit. »

Dernière ligne droite alors…

Y.B. : « C’est ça. A moins d’un an des Jeux, il devient crucial de suivre et de faire évoluer les athlètes. Prendre en compte l’importance du ranking, jusqu’aux Jeux, sans entacher leur préparation. Technique, mental, on essaie de tout analyser pour toujours en tirer le meilleur. »  Il y a aussi une stratégie qui s’amorcera sur la préparation du TQO pour y qualifier le maximum de sportifs. Sans oublier les championnats d’Europe qui seront certes avant le TQO et les Jeux mais qui auront une importance particulière pour nous. »

Auteur : Molly Loumikou

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