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Jeux Olympiques de Tokyo
FFK
Brève
Publié le : 04/03/2021

Yann Baillon « Évaluer nos athlètes, leur niveau et celui de la concurrence »

Privés de compétition depuis plus d'un an, les athlètes français auront l'occasion de se retrouver autour d'une confrontation amicale. Ces tests-matchs permettront à chacun de retrouver ses sensations avant les échéances futures de 2021. Yann Baillon, Directeur des Equipes de France, nous fait le point sur cette reprise.

« Comment le lien s’est entretenu avec les athlètes tout au long de ces derniers mois ?

Le lien avec les athlètes s’est fait dès le premier confinement, parce que nous n’étions pas encore dans l’optique que les Jeux Olympiques allaient être reportés et que la période sanitaire allait être aussi compliquée et aussi longue. Donc nous nous sommes tout de suite adaptés en nous disant ‘’il faut entretenir les athlètes car il y a les Jeux à préparer et des compétitions à venir’’. Finalement, nous connaissons la suite, tout a été annulé ou reporté et nous sommes dans une situation qui reste compliquée.

Nous avons essayé d’organiser des stages régulièrement cet été pour garder le lien et repartir dès septembre. Ce fut le cas puis le couperet est encore tombé pour le sport et nous avons dû attendre les prérogatives pour les sportifs de haut-niveau. Cela a eu un impact sur les stages d’Equipe de France que nous avons repris récemment.

Est-ce que le collectif France Karaté est heureux de pouvoir organiser ces tests-matchs et retrouver les tatamis ?

Nous sommes en effet très heureux. L’essence même de la logique du sportif de haut-niveau, c’est la recherche de performance. Sans compétition ni but à atteindre, c’est beaucoup plus compliqué pour les athlètes. Nous avons donc voulu mettre en place ces tests-matchs internationaux, au départ dans une logique de le faire entre athlètes français, pour qu’ils puissent se déplacer et avoir les autorisations et puis finalement, on l’a élargi à tous les collectifs France et aux étrangers. Non pas sans difficultés car nous dépendons aussi des règles des pays européens engagés. Le contexte sanitaire et les règles sanitaires en place, avec les quarantaines, compliquent les choses. Nous avons quand même des pays qui seront présents, ce qui va nous permettre de donner un niveau de concurrence correct à nos sportifs français, aux seniors mais aussi aux plus jeunes qui vont pouvoir s’aguerrir et compenser les annulations.

Quel format prendra cet événement ?

Nous avons opté pour les catégories olympiques. Non pas parce que nous préparons les JO dès maintenant mais parce que cela nous permet de réunir le maximum d’athlètes dans une catégorie et de les faire tourner. Cela nous permettra de leur faire faire un maximum de combats et de compenser le manque de compétition qu’il y a eu jusqu’à présent.

" Je suis confiant parce que l’on a une bonne capacité d’adaptation "

Est-ce que le staff de l’Equipe de France a des attentes particulières ?

Nous sommes malheureusement dans une période d’urgence. Dans deux mois, il y a les championnats d’Europe, dans trois mois le Tournoi de Qualification Olympique et dans cinq six mois les Jeux Olympiques. Nous nous rapprochons de plus en plus des échéances importantes, ce pour quoi nous nous préparons, sauf que l’on n’a pas d’éléments ni de matière pour dire ‘’aujourd’hui celui ou celle qui est en forme, c’est lui ou elle’’. Malgré le contexte, cet événement est important puisqu’il nous permet d’avoir un regard plus affiné sur la suite, d’évaluer nos athlètes, la concurrence, et de savoir qui se dégage.

Tu es confiant pour les prochaines échéances ?

Je suis confiant parce que l’on a une bonne capacité d’adaptation. Je l’ai notamment vu sur les stages et les périodes où il n’y avait pas d’activités. Les entraîneurs de clubs ont continué à entretenir leurs athlètes, se sont arrangés pour trouver des solutions pour les entraîner. Certains s’entraînaient tout le temps en extérieur, d’autres à domicile mais avec un entraîneur, ils trouvaient toujours des solutions. Sur le dernier stage, nous avons senti tous les athlètes du collectif prêts. Psychologiquement non, parce qu’il n’y a pas eu les compétitions pour, physiquement et techniquement avec quelques petits manques. Mais rien d’anormal et au contraire, un niveau global plus qu’intéressant. Je me dis que les entraîneurs de club font un bon travail, les entraîneurs du pôle également et finalement, on ne prend pas tant de retard que ça sur les autres. En tout cas, on ne pourra pas dire ‘nous avons des athlètes qui sont fatigués, qui sont cuits’’. Nous aurons des athlètes frais, motivés, avec l’envie de performer, de se qualifier pour les JO, d’être sur le podium aux championnats d’Europe et pour ceux qui iront aux Jeux, avec l’envie de ramener le titre et la médaille. »