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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger
Brève
Publié le : 24/05/2021

Une 4e médaille, un bilan et des perspectives

À l’heure où la France fait son bilan sur une quatrième et ultime médaille de bronze suite à la prestation de l’équipe kata féminine – une promesse d’avenir qu’il ne faut pas minimiser, c’est forcément la déception d’un championnat d’Europe sans finale ni titre continental qui prédomine. Quelles sont les leçons de ces championnats d’Europe ? Comment rebondir dans moins de trois semaines au TQO à Paris ? Et comment envisager la suite ? Yann Baillon, directeur de la performance, répond avec des mots clairs.

Yann, quatre médailles de bronze, on imagine que c’est évidemment loin des ambitions de départ. Quel est votre bilan, au soir de ce dernier jour ?

On ne va pas se cacher, il y a des déceptions, encore aujourd’hui dans le par équipes masculines où nous nous sommes encore montrés très fébriles. C’est aussi ce qui est arrivé à l’équipe féminine combat. Nous menons, souvent, puis il y a de la crispation, une forme de panique que j’ai du mal à expliquer. Nous avons souvent été dans l’incapacité de tenir un score et de repartir à la chasse aux points. Je dois le dire, je suis très déçu de ce manque d’ambition qui nous a fait perdre de nombreux combats, y compris aujourd’hui, et nous relègue au classement des nations (14e, la Turquie, l’Allemagne et l’Espagne avec six, deux et un titre se plaçant aux trois premières places, NDLR). Nous l’avons dit aux athlètes avec Gilles Cherdieu, le DTN, d’autant que c’est à l’opposé de ce à quoi nous avons assisté lors du K1 de Lisbonne où, au-delà des résultats, l’équipe nous avait montré une réelle capacité à ne rien lâcher qui pouvait laisser espérer de bien meilleurs résultats ici, en Croatie.

Que va-t-il falloir changer en vue du TQO qui a lieu dans moins de trois semaines ?

C’est la dernière étape de sélection, mais pour celle-ci comme pour la suite, il faut que le collectif soit fort, c’est comme ça que les individualités le sont elles aussi. On ne peut pas seulement compter sur la médaille d’or de Steven Da Costa à chaque championnat. Nous avons réuni les athlètes et leur avons annoncé notre sélection, que nous communiquerons officiellement ce mardi. Cela concernera un collectif réduit, avec une préparation spécifique qui passe par un premier stage du 1er au 3 juin à Châtenay-Malabry puis la réunion de tous le 8 juin. L’encadrement fera ensuite du travail individualisé avec chacun des athlètes sélectionnés, sur Paris et/ou dans leurs clubs respectifs où nous nous rendrons. La qualification aux JO, sauf pour Steven, qui est déjà qualifié, se joue dans quelques jours. Pour ceux qui sont concernés, il va falloir recharger les batteries car il est évident que le rythme des dernières semaines a puisé beaucoup d’énergie, sur le plan mental notamment, pour être bon le jour J. Il faudra être guerrier, concentré de bout en bout. Enfin, il faut aussi déjà penser à ceux qui n’iront pas à Tokyo, et aux championnats du monde dans six mois pour lesquels nous souhaitons que la préparation commence rapidement.

Les leçons de ces championnats d’Europe doivent donc aussi servir pour cette échéance ?

Oui, tout le monde aura sa chance, il y aura de la concurrence, ce sera ouvert. Dès cet été, il y aura un collectif qui va préparer les mondiaux de Dubaï. Nous aimerions que la période nous permette aussi d’envoyer des athlètes en compétition pour construire la suite, que des talents émergent. Parce qu’après les JO, le karaté mondial va continuer sa route et que l’équipe de France doit y briller. Un soir de championnat d’Europe très décevant comme celui-là est difficile à vivre, mais nous ne devons continuer à travailler avec rigueur et sincérité, et à ne pas renoncer. Nous sommes un sport de combat, nous devons nous comporter comme des combattants.