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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 03/06/2021

Tournoi de Qualification Olympique : l'échéance approche

En présence de plusieurs journalistes, la Fédération Française de Karaté organisait mercredi 2 juin une conférence de presse sur le Tournoi de Qualification Olympique de Karaté.

A l'approche de l'ouverture de ce tournoi aussi unique qu'historique, l'Equipe de France s'est réunie aux CREPS de Châtenay-Malabry pour effectuer quelques réglages dans sa préparation. L'occasion notamment de tenir une conférence de presse pour présenter le TQO, son organisation et son format, mais également les ambitions sportives des Français.

Dans une période toujours peu propice à l'organisation de grands événements internationaux, la Fédération Française de Karaté travaille sans relâche pour adapter au mieux son organisation aux différentes prérogatives gouvernementales. Francis Didier, président de la FFK, expliquait ces changements : « Le TQO était prévu l’année dernière à Bercy mais vu les circonstances nous avions préféré nous rabattre sur une salle avec une jauge plus petite, même si n’aurons pas de spectateurs, comme Coubertin. Cette compétition va se dérouler avec un protocole établi avec la DIGES (ndlr : Délégation Interministérielle aux Grands Evènements Sportifs), le Ministère des sports et la Fédération Mondiale de Karaté (ndlr : WKF) ». Les athlètes devront donc se justifier d'un test PCR pour retirer leur accréditation, avant d'effectuer un test antigénique avant de débuter leur compétition. Il ajoute également : « Chaque catégorie de poids se feront les unes après les autres pour qu’aucune délégation ne puisse rentrer si elle n’est pas concernée par la catégorie en question. Nous avons à l’heure actuelle 1100 personnes et une centaine de pays ».

Denis Boulanger - FFK

Le TQO avec l'objectif olympique en tête

Ce Tournoi de Qualification olympique sera l'aboutissement d'une course effrenée de près de trois ans pour obtenir son ticket pour Tokyo. Le nouveau Directeur Technique National Gilles Cherdieu revenait sur ce long chemin : « Vous le savez, le karaté est une discipline olympique pour Tokyo 2020 et c’est un environnement que nous découvrons, tout comme la logique de qualification à laquelle nous avons participer. [...] Le chemin était long, il était jonché d’embûches mais le chemin était constructif et aujourd’hui, nous sommes arrivés à une sélection la plus évidente possible à travers un parcours de sélection qui a commencé il y a plus de deux ans ». Mais, le DTN a également bien précisé que l'objectif final ne se situait pas à Coubertin, mais bien au Japon : « Ne nous trompons pas, le TQO sera difficile puisque toutes les nations pourront être présentes avec un représentant par pays et par catégorie. Le TQO n’est pas l’objectif : à court-terme, bien sûr que la qualification olympique est importante mais l’objectif reste la médaille olympique ».

Malgré tout, l'Equipe de France s'avance avec un effectif de haut-niveau, où chaque sélectionné a durement bataillé pour obtenir sa participation. « Je sais à quel point il y a eu des sacrifices, c’est la loi du haut-niveau, ajoute Gilles Cherdieu. Je sais à quel point ils ont souffert. J’ai aussi une pensée pour ceux qui ont été écarté de la sélection : les choses ne sont pas terminées, l’Equipe de France est au-dessus de tout et nous ferons en sorte qu’elle soit performante ».

Denis Boulanger - FFK

Enfin, c'était au tour de Yann Baillon, Directeur des Equipes de France de présenter tour à tour les 7 athlètes sélectionnés pour Coubertin. Entre description de chaque profil de combattant et de retour sur leur palmarès, respectifs, il réalisait un tour des forces en présences :

« Alexandra Feracci, aura à cœur de se qualifier pour les JO. Elle n’était pas très loin à la standing olympique donc les places restent ouvertes. Elle est du style Shyito-Ryu, (ndlr : un des deux styles de kata avec le Shotokan) et elle fera ce qu’elle a à faire pour tenter de se qualifier.

Jonathan Maruani est cadre à la FFK, il avait arrêté sa carrière en 2012 à Bercy avec une belle médaille (bronze en kata par équipe). Il a décidé de se relancer dans l’aventure olympique à un âge avancé (rire). Il a à cœur de montrer ce dont il est capable et on espère que ça ira loin pour lui en montant sur le podium, synonyme de qualification.

En -55kg, Alexandra Recchia est notre athlète féminine la plus titrée avec une grosse expérience : multiple fois championne du monde individuel et équipe (5 titres) et d’Europe. Elle a tout gagné mais malgré un parcours jonché de blessures, il a fallu relever la tête avec notamment une grosse concurrence. Elle n’avait pas l’habitude car c’était la reine, mais en fusionnant les deux catégories, il a fallu montrer une nouvelle fois que tu étais la plus forte, ce que tu as réussi à faire. Je sais aussi que pour Alexandra, c’est une fin de carrière qui se profile, ça sera son dernier défi et je sais qu’elle aura à cœur d’aller au bout du parcours, c’est-à-dire se qualifier et avoir une médaille olympique.

Logan Da Costa, l’aîné de la fratrie des Da Costa, tentera de se qualifier en -75kg comme son frère Steven, déjà qualifié à la standing. Logan est un besogneux, toujours sur l’avant et très offensif, avec un karaté assez spectaculaire. Il va falloir trouver le juste milieu entre ce côté spectaculaire et aussi mettre beaucoup de concentration et d’abnégation pour se qualifier dans une très forte catégorie. On sait qu’il a le potentiel, il a été capable de monter sur les podiums des compétitions de la standing.

Leïla Heurtault, dans la catégorie des -61kg a fait un gros parcours. Originaire du Mans, c’est une Guyanaise qui est venue tôt en métropole pour réaliser son rêve de devenir championne du monde : ce qu’elle a fait en équipe à deux reprises. Aujourd’hui, elle a été sélectionnée en individuel dans une catégorie très difficile avec beaucoup de concurrence. On connait toute la détermination de Leïla qui est quelqu’un de très cadré dans son entrainement. Elle sait ce qu’elle veut, elle a un karaté très spectaculaire donc nous avons énormément confiance en elle : c’est une bonne chance de qualification.

Alizée Agier, dans la catégorie des +61kg, a déjà été championne du monde en individuel et par équipe. Elle fusionne avec la catégorie des lourdes, les +68kg, qui sera relevée, ne serait-ce qu’avec les gabarits des athlètes. Il y aussi un défi physique à relever et je pense qu’Alizée avec toutes ses qualités et son côté imprévisible est largement en capacité de s’imposer. On sait qu’elle est capable de faire des choses extraordinaires, maintenant il faut juste le prouver sur le tapis.

Farouk Abdesselem, notre sélectionné en +75kg, est un karatéka d’Arles. Il est très intelligent, très stratège et tacticien. Il fait un parcours intéressant avec beaucoup d’oppositions sur une catégorie où les Français ont assez brillé. »

Denis Boulanger - FFK