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Jeux Olympiques de Tokyo
Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 24/07/2021

Gilles Cherdieu : « C’est un épisode que nous ne devons pas rater »

A deux jours du départ de la délégation française de karaté, le Directeur Technique National Gilles Cherdieu nous dresse les contours de la phase de préparation terminale qui débutera dès lundi, avec un stage dans la municipalité de Niigata.

Gilles, le karaté Français fera son grand départ pour le Japon lundi : comment se passent ces derniers jours ?

C’est un moment inédit car il s’agit d’une situation que nous ne connaissons pas. On la découvre, en même temps que la gestion très numérique qui nous est proposée par les Japonais. Nous devons donc nous adapter et trouver des solutions avec les correspondants du CNOSF déjà sur place. Je pense notamment aux différents problèmes survenus sur les applications mobiles et qui, par conséquence, peuvent parfois engendrer un stress supplémentaire. Désormais, place aux procédures sanitaires : nous avons deux tests à réaliser, à 96 heures et 72 heures avant notre départ, et de nombreux documents à présenter aux autorités françaises et japonaises. Il faut savoir qu’une fois arrivés sur place, nous aurons à nouveau des tests qui nous attendront avec au moins 3 heures d’attente à l’aéroport.

 

Outre ces obligations sanitaires et administratives, avez-vous hâte de fouler le sol japonais ?

En effet, nous avons hâte de sentir l’odeur de la compétition et d’entrer dans cette adrénaline, ce stress « sportif » cette fois-ci que nous connaissons bien mieux. Même s’il est vrai que les Jeux Olympiques sont une grande fête avec des choses différentes à gérer. Nous avions déjà un avant-goût avec les Jeux Mondiaux et Européens mais cette ambiance olympique reste tout de même singulière. Je n’ai aucun doute sur notre capacité d’adaptation et nous évoluerons comme de véritables poissons dans l’eau au sein de ce village olympique une fois sur place.

Mais avant cela, nous serons du 27 juillet au 3 août à Niigata avec cette sensation d’être très bien accueilli. Nous avons fait plusieurs visios avec les organisateurs et la mairie : ils se mettent « en quatre » pour bien nous accompagner. Au fur et à mesure, on a trouvé des personnes souriantes et accueillantes, qui cherchent à nous mettre dans les meilleures dispositions. Il faut savoir que nous n’aurons pas de contacts directs avec la population locale mais quelques entrainements seront ouverts à la presse ainsi qu’au public à distance. Sur place, nous naviguerons seulement entre notre hôtel et la salle d’entraînement. Les journées seront très encadrées, je pense notamment aux tests salivaires à réaliser tous les matins à 7h15, afin de pouvoir monter en régime progressivement. Il ne faudra pas être prêts trop tôt, nous devons garder cette petite incertitude synonyme de performance.

Denis Boulanger - FFK

Qu’est-ce qui sera important lors de cette semaine de stage à Niigata ?

Nous allons beaucoup miser sur l’ambiance durant ce stage car vivre en huis-clos, ce n’est jamais une chose facile. Plusieurs activités seront disponibles pour se divertir sur place et nous voulons entretenir une certaine dynamique de groupe. C’est pour cela d’ailleurs que des partenaires d’entraînements viendront avec nous à Niigata et le choix a vite été fait pour trouver ces personnes. En kata, Alexandra Feracci sera accompagnée de sa sœur et membre de l’Equipe de France, Laetitia. De son côté, Steven Da Costa fera la voyage avec son frère jumeau, Jessie, également membre de l’Equipe de France. Ce seront deux soutiens psychologiques important mais pas que, ils ont aussi leurs habitudes d’entraînements avec elles. Pour Leïla Heurtault, Jennifer Zameto fera le déplacement : c’est une très bonne partenaire d’entrainement qui permettra à Leïla de rapidement s’affirmer dans une catégorie (les -61 kg femmes) âpre et difficile.

 

Justement, pourquoi décider de ne pas entrer directement au village olympique à Tokyo ?

Nous voulions nous acclimater petit à petit avant de faire nos premiers pas au village. Il faut savoir qu’il y aura beaucoup d’humidité au Japon : c’est une période propice aux canicules avec des températures aux alentours des 35°c. A Niigata, ce sera 2 degrés de moins qu’à Tokyo mais l’humidité sera la même. Nous nous sommes déjà renseignés avec nos différents collègues habitués à cette échéance olympique : il ne faut pas arriver trop tôt au village olympique pour éviter d’être pris dans le jeu de la fête qui règne durant cette période. Quelque fois, c’est plus fort que vous et vous sortez de votre objectif initial. Nous avons donc choisi de maintenir les athlètes dans une petite bulle hors Tokyo et de ne revenir qu’au dernier moment, le 3 août. Nous irons alors prendre nos marques au Budokan (ndlr : le Nippon Budokan est la salle qui accueillera les épreuves de karaté), nous acclimater aux quelques degrés de différence et faire la compétition. Nous allons vivre notre épisode olympique comme un temps fort qui restera gravé dans nos mémoires mais pour le vivre pleinement, nous devons réussir. Nous ne faisons pas le déplacement pour participer, mais bien pour briller et ramener des médailles. Nous voulons que les athlètes qui se donnent à 100% depuis plusieurs années soient fiers d’eux-mêmes avec cette touche finale, les Jeux Olympiques.

Maintenant, tout est prêt ! Nous nous envolons lundi, nous nous apprêtons à vivre un moment important dans nos carrières. J’ai hâte d’arriver, tout le monde a hâte d’arriver et de participer aux Jeux Olympiques au Japon : c’est un épisode que nous ne devons pas rater.

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