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Denis Boulanger - FFK
Brève
Publié le : 01/10/2021

Yann Baillon : « Pressés de voir du beau karaté français »

Le karaté sportif français reprend ses droits avec la Coupe de France Combats Seniors 2021. Le directeur des équipes de France, Yann Baillon, nous parle de cette compétition forcément décisive pour les échéances des prochains mois.

La Coupe de France Combats Seniors de ce week-end marque la reprise officielle des compétitions seniors : quel est ton sentiment ?

C’est dans la continuité d’une grosse préparation malgré tout qui a débuté mi-juillet. Beaucoup ont fait des tests matchs et des compétitions pour compenser les annulations et les reports. Mais, la Coupe de France est importante car nous replaçons le calendrier des compétitions nationales au centre des attentions, avec de gros enjeux derrière en termes de sélections : il faut être maître dans son pays. Tout le monde en a pris conscience au vu des échanges avec les sportifs et les entraîneurs de clubs. Ils se sont bien préparés et je pense que nous devrions avoir un gros niveau. Forcément, nous sommes pressés de voir du beau karaté français.

Entre les compétitions officielles estivales (Jeux Olympiques et Championnats d’Europe jeunes) et les stages France Karaté, comment vous-êtes vous organisés pour garder tout le monde concerné ?

Ça a été une grosse organisation en effet ! C’est une des raisons pour laquelle je ne me suis pas rendu à Tokyo pour suivre les qualifiés aux Jeux Olympiques. Le choix était fait de ne pas les privilégier et surtout ne pas mettre de côté les autres athlètes qui ne participaient pas aux JO. Nous avions donc trois objectifs à suivre cet été : la préparation olympique avec pour finalité les Jeux ; les Europe jeunes pour bien figurer et continuer à former les athlètes en vue des Europe 2022 également ; enfin, la préparation et la sélection des équipes pour les Championnats du Monde de Dubaï (du 16 au 21 novembre prochain). Tous les entraîneurs étaient donc mobilisés pour s’organiser au mieux. Deux entraîneurs prioritaires étaient concernés par la préparation olympique (ndlr : Olivier Beaudry et Ayoub Neghliz), les entraîneurs jeunes combat et kata étaient sollicités également (ndlr : Franck Bisson, Cécil Boulesnane, Mathieu Cossou, Lionel Nardy, Yves Bardreau et Jonathan Maruani). Nadir Benaïssa et Alex Biamonti étaient eux essentiellement concentrés sur les équipes pour mettre en place des plannings d’entraînements et des situations de combats. Nous avons quand même réussi à greffer dans cette préparation estivale des tests matchs en Belgique et contre l’Espagne. Cela nous a permis d’avoir un peu de concurrence pour mettre en condition les athlètes mais surtout, clôturer deux mois de préparation sur une évaluation concrète.

Justement, la Coupe de France permet encore de monter en régime dans la préparation : quelles sont tes attentes vis-à-vis de ce week-end ?

J’attends une vraie force de caractère car nous savons que cette compétition sera primordiale dans l’optique de Dubaï. Le but est de voir des athlètes très forts mentalement, bien préparés pour être les meilleurs le Jour-J et cette Coupe de France permettra de mettre en avant ces qualités. Alors oui, certes, ce n’est pas un plateau international mais il y aura de la concurrence et des surprises peuvent arriver. Il faudra montrer sur une journée couperet que l’athlète est le meilleur. Lorsque l’on représente la France, je le répète mais il faut être le patron chez soi. Sur certaines catégories, nous aurons une forte densité d’athlètes où les combats seront intéressants et nous serons très attentifs aux comportements et forcément aussi, aux résultats de ce week-end.

Denis Boulanger - FFK

Après une les performances entrevues à Tampere, c’est aussi une occasion de voir les jeunes à l’étage supérieur et pour commencer à préparer Prague en février 2022 ?

Avec la fin du parcours olympique, nous sommes déjà entrés dans une phase de transition après que certains aient arrêté. C’est une période qui a engendré beaucoup d’engouements mais aussi beaucoup de déceptions et de frustrations chez les athlètes, les entraîneurs de club et aussi pour le staff. Il faut se rendre compte que cela a été une vraie machine à laver pendant deux ans et aujourd’hui, nous retrouvons des choses plus saines. Mais malgré tout, une transition au sein des effectifs a débuté, avec des athlètes que nous devons intégrer. Après Dubaï, une nouvelle phase va débuter où un projet un peu plus rajeuni verra le jour. Nous avons donc déjà des vues sur les espoirs mais aussi sur les juniors où quelques-uns seront surclassés ce week-end pour faire la Coupe de France. D’ailleurs, certains ont déjà pu se placer par le passé en seniors sans la présence des titulaires. C’est quand même intéressant de voir ce qu’ils peuvent réaliser, dans un contexte de pression avec les meilleurs Français présents. Nous aurons alors une meilleure idée de leur potentiel, de leur force de caractère mais aussi de leur capacité à se transcender sur un tel événement pour passer un cap.
 

Le manque de compétition officielle chez certains se fera ressentir ?

Oui, sans doute que certains d’entre eux seront plus affutés que les autres. Je pense à ceux qui ont fait les rencontres France-Espagne et France-Belgique et qui ont fait beaucoup de combats sur ces deux rencontres. Ils reprenaient des sensations et l’écart entre les qualités de premiers combats et des suivants était important. Après tout, c’est normal puisqu’ils reprenaient aussi les distances, les notions de contrôle, de coordination et de précision. En tant que combattants, ils ont besoin d’être en état de « compétition » pour être vraiment dedans et retrouver ses sensations. Cependant, c’est un processus qui prend du temps et quand tu n’as pas ces compétitions, les confrontations en club ne suffisent pas tout le temps. Donc oui forcément, certains seront avantagés mais selon moi, cela restera léger car ce sont ceux qui auront vraiment envie de gagner qui s’adapteront et iront au bout.